Hamburger Eyes: interview

Lancé en 2001 à San Francisco par les frères Ray et Dave Potes, Hamburger Eyes est passé en à peine 10 ans du statut de simple fanzine à celui de figure d’influence dans la photographie actuelle. S’inspirant de la vision de piliers du journalisme photographique comme Life, ou le National Geographic, Hamburger Eyes fait le choix de documenter le quotidien, toujours en noir et blanc, et sans restriction sociale.
A la base simple fanzine entièrement créé par Ray Potes (rapidement rejoint par son frère), celui-ci s’est mué en un projet ample et diversifié, possédant aujourd’hui son propre centre photographique, Photo Epicenter. Porté à bout de bras par les deux fondateurs, Hamburger Eyes en est actuellement à sa 13ème publication éponyme, melting-pot de multiples photographes contributeurs. Le duo investit par ailleurs d’autres horizons en publiant sur son site des fanzines séparés et thématiques. Chaque numéro est réalisé par un photographe différent – on notera entre autres Ted Pushinsky, Lisa Weiss et Chris Beale.
Hamburger Eyes se développe aussi sur de nombreux projets parallèles, on remarquera par exemple les collaborations avec Levi’s et Etnies ou l’organisation de plusieurs expositions, étendant l’arc de toutes les possibilités pour les deux frères.
Laissant le champ libre à l’exploration, Hamburger Eyes évite une vue esthétique décorative. Si la beauté est évidemment présente dans cette profusion d’images, on retient surtout ces instantanés de vies différentes. Tout se juxtapose sur ces pages avec une apparente facilité, faisant apparaître graduellement une société multiple et ses quotidiens. Entre les lignes, c’est aussi la fragilité de la vie qu’on aperçoit, et le besoin d’en ressentir chaque moment le plus intensément possible. Interview avec Ray Potes.

HAMBURGER EYES
My brother Dave and myself do most of the heavy lifting. We both have worked in various photo labs and print shops. I was already making zines a lot and I worked at kinkos at the time. I started Hamburger Eyes in 2001. Out of all the zines I did, for some reason Hamburger Eyes was the most memorable one. So we did an issue #2 and it snowballed into what it is now. The motivation has always been, most basically, the sharing of photos between friends.
Mon frère Dave et moi-même faisons le gros du travail. Nous avons tous les deux travaillé pour différents laboratoires photos et imprimeurs. Je créais énormément de fanzines et je travaillais chez Kinkos en même temps. J’ai commencé Hamburger Eyes en 2001. De tous les fanzines réalisés, pour une raison ou une autre, Hamburger Eyes fut le plus mémorable, alors nous avons fait un numéro 2 et ça a fait un effet boule de neige jusqu’à devenir ce que c’est aujourd’hui. La motivation a toujours été, depuis le départ, le partage de photos entre amis.

PHOTOGRAPHY
- Hamburger Eyes is several photographers with different styles. However, is there a common pattern in the way you all view photography? Hamburger Eyes est composé de plusieurs photographes aux styles différents. Y’a t-il cependant un trait commun à la manière dont vous percevez la photographie?
I think so. I’m interested in looking at how people live their daily lives when I’m looking at photos, and I think a lot of the photographers who submit are interested in the same.
Je pense que oui. Je suis intéressé par la manière dont les gens vivent leurs vies quotidiennes quand je regarde des photos. Et je pense que la plupart des photographes qui nous envoient leur travail sont intéressés par la même chose.
-Which photographers do you admire or feel close to? Quels photographes admirez-vous particulièrement?
All of them. especially the ones who need to shoot all day and can’t help it.
Tous, surtout ceux qui ont besoin de prendre des photos tout le temps et ne peuvent pas s’en empêcher.
-You said on your site : “Inspired by the traditions that began with National Geographic and Life Magazine, we hope to revitalize the sensation of photography as a craft as well as a tool to record and document”. Can you explain? Vous dites sur votre site ” Inspiré par les traditions qui ont commencé avec National Geographic et Life Magazine, nous espérons revitaliser la photographie en tant qu’art mais aussi comme outil d’enregistrement et de documentation”. Pouvez-vous développer?
When those magazines started, they were into exploring and investigating so many different topics, from deep sea to outer space. I like that sense of wonderment. At the same time, there was an obvious passion for photography, to capture something, possibly never before seen, and let the world behold the evidence of their adventure. We may not get to roam the earth as freely as they did, but I think there is still a lot to explore in our own neighborhoods.
Quand ces magazines ont commencé, ils exploraient énormément de sujets différents, des profondeurs des mers à l’espace. J’aime ce sens de l’émerveillement. En même temps, il y avait une passion évidente pour la photographie, d’essayer de capturer quelque chose, possiblement quelque chose qui n’avait jamais été vu avant, et de montrer au monde les résultats de cette aventure. Nous n’avons sans doute pas la possibilité de faire le tour du monde aussi librement qu’ils l’ont fait mais je pense qu’il y a toujours beaucoup de choses à explorer dans nos propres voisinages.
- Why only black & white pictures? Pourquoi ce choix du noir et blanc uniquement?
When I started making zines, it was cool to make small prints in the darkroom and xerox straight off those. It just looked better. Then I started really having fun printing and processing. Turns out there’s a lot of people that are the same.
Quand j’ai commencé à réaliser des fanzines, c’était cool de faire des petits tirages en chambre noire et de les photocopier directement, ça avait beaucoup plus de gueule. Après j’ai commencé à vraiment m’amuser à imprimer et à réaliser tout ça. Il s’avère que ça plaît à beaucoup d’autres gens aussi.
WORK
- How do you all work and interact together on the conception of a zine or a project? Comment travaillez-vous ensemble sur la conception d’un fanzine ou d’un projet?
It wasn’t really thought out at all. It just happened. Then friends of friends of friends started submitting photos. The network got bigger. I’m surprised it’s still going!
Ca n’était pas du tout réfléchi, ça s’est juste produit ainsi. Après, des amis d’amis ont commencé à nous envoyer des photos et le réseau s’est agrandi. Je suis surpris que ça marche toujours!
- You receive lots of pictures from photographers submitting their work. What are you looking for in a picture and what catches your attention? Un grand nombre de photographes vous soumettent leur travail. Que recherchez-vous dans une photo et qu’est-ce qui capture votre attention?
Mostly that they understand what it is they are doing and why they are doing it. It’s hard to explain but most of the people submitting to our magazine have seen it before and they are like-minded individuals so it’s not hard to edit.
Ils doivent surtout comprendre ce qu’ils font et pourquoi ils le font. C’est difficile à expliquer mais la plupart des gens qui nous envoient leur travail savent ce que nous faisons et ont plus ou moins la même mentalité, donc ce n’est pas si compliqué de faire nos choix de publication.

- You recently teamed with Colorarts Photographics and expanded into a service : “Photo Epicenter” . Why and in which terms did this help you with Hamburger Eyes? Would you see Hamburger Eyes evolve in a different direction in the future? Vous vous êtes récemment associés à Colorarts Photographics et vous êtes développés en un service photographique : “Photo Epicenter”. Pourquoi et dans quelle mesure ceci vous a t-il aidé avec Hamburger Eyes? Verriez-vous Hamburger Eyes évoluer dans une direction différente dans le futur?
It was kind of by accident. We hung out at Colorarts all the time. I rented darkroom space there and just hung out. One day the owner called and wanted to close up shop. We were like, “nooooooo!”. So we told her not to close, and that we will help get customers. Eventually, she was over it and told us to take over. We paid her out over time and now the place is ours. At the time, we thought it would just be a cool headquarters. It has definitely morphed and evolved over the years. We had classes, we had a gallery, now we have screenprinting and 30×40 b/w printing. If it helps photography, it helps Hamburger Eyes. The thing about us is there is so many of us, we can go in different directions at the same time and it doesnt look weird. Actually, we dont care if it looks weird, we prefer it. haha…
C’était un peu par accident en fait. Nous passions beaucoup de temps chez Colorarts, je louais une chambre noire là-bas et on y traînait . Un jour, la propriétaire nous a appelé pour nous dire qu’elle fermait. On s’est dit : “noooonnn!”. Alors nous lui avons dit de ne pas fermer, que nous l’aiderions à avoir plus de clients. En fait, elle en avait un peu marre et nous a demandé de reprendre. Nous l’avons payée et maintenant l’endroit est à nous. A ce moment là, nous pensions que ça nous servirait de quartier général mais ça a vraiment évolué en quelque chose de différent au fur et à mesure des années. Nous y avons donné des cours, tenu une galerie, maintenant nous l’utilisons pour les sérigraphies et l’impression de formats 30×40. Si ça aide la photographie, ça aide Hamburger Eyes. Nous sommes tellement nombreux que nous pouvons partir dans des directions complètement différentes en même temps et ça n’a pas l’air bizarre. En fait, on s’en fiche si ça a l’air bizarre, on préfère. Haha…
- What’s coming up for you? Quels sont vos projets?
No specific things, possible exhibitions in the works. For zines, we have a bunch of new ones coming out. One called “Turf talk” about oakland gang graffiti and another one called “Died horny” about the trials and tribulations of young romance i guess. A bunch of new ones..
Rien de spécial, sûrement des expositions en cours de réalisation. En ce qui concerne les fanzines, nous en avons plusieurs qui arrivent. Un qui s’appelle “Turf talk” sur un gang de graffiti d’Oakland et un autre intitulé “Died horny” sur les difficultés et les tribulations d’une jeune romance amoureuse… Quelques nouveautés…
- A good quote for the end? Un mot pour la fin?
LES DOO DIS

janvier 24th, 2011at 20:52(#)
[...] : WOW MAGAZINE commentary : SICK OF THE RADIO blogfolio : I THOUGHT I WAS [...]
janvier 25th, 2011at 16:19(#)
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