Maciek Po?oga: interview

Signes de Vie

Maciek Po?oga, est photographe. Il collabore régulièrement avec Vice France, et réalise aussi parfois photos et pochettes pour des groupes dont il est proche comme Adam Kesher ou Bobmo.
Chaos naturel, beauté formelle et dérision se choquent en un précipité unique dans son travail, qui ne vire jamais au second degré. Pousser à l’extrême les situations qu’il photographie, insérer une donnée de peur ou de perte de contrôle, confèrent à son travail une densité et une émotion proches de celles soulevées par la musique.
En septembre une sélection de ses photos seront exposées dans le cadre de Vice x 12 Mail, à Paris, exposition pour laquelle il est aussi curateur.

MACIEK
- Quel est ton état d’esprit actuel? What’s your current state of mind?
Je cherche un appart.
Looking for a flat.

- D’où viens-tu, où habites-tu maintenant et pourquoi? Where do you come from, where do you live now, and why?
Je viens de Bordeaux, maintenant j’habite à Paris. Pourquoi? Parce qu’il y a du boulot ici, et aussi parce que d’une certaine manière j’aime bien le stress lié à cette ville, c’est à la fois hyper anxiogène et stimulant. Mon frère est parti vivre à Berlin lui, mais moi je m’endormirais là-bas je crois : tout les monde est super cool, la vie est pas chère et y’a moyen de faire des barbec au bord de lacs à une heure du centre en bagnole, c’est beaucoup trop relax. Ici les loyers sont hors de prix, les gens imbuvables, et y’a tout sauf moyen de faire un barbec. C’est nickel. La plage me manque en revanche.
I’m from Bordeaux but I live in Paris now. Why? because there’s work here, and also because in a way I kind of like the stress of the city, it brings a lot of anxiety but it’s also very stimulating. My brother went off to live in Berlin, but I think I would just fall asleep there: everyone is really laidback, life is cheap and you can have lakeside bbq’s just an hour away by car from the centre, it’s far too relaxed. Here, rents are sky-high, people are obnoxious, and there’s just no way you can do bbq’s. Brilliant. But I do miss the beach.


- Qu’est-ce qui motivait le fait de prendre une photo au tout début et maintenant? What motivated you to take a photo right at the beginning and now?
Au tout début j’ai commencé à prendre des photos des gens et des moments que j’aimais, parce que d’une part j’ai une super mauvaise mémoire et que je voulais garder des traces concrètes de ce qu’il se passait, et d’autre part parce que j’avais l’impression que ça n’allait pas durer, j’avais une espèce d’urgence de tout sauvegarder, c’est sans doute hyper bateau mais y’a évidement un truc très nostalgique dans le fait de prendre des photos, de collectionner les instants morts là. Puis ça a évolué, aujourd’hui je prend toujours des photos des gens et des moments que j’aime mais d’une manière plus fantasmée qu’avant, plus mise en scène, c’est sans doute plus proche de la façon dont on ferait un film. D’ailleurs cet hiver on m’a acheté une caméra (le 5D) pour faire un clip, du coup maintenant je me dis que je peux faire un film ou un docu, mais j’ai l’impression de pas trop savoir quoi raconter, et surtout POURQUOI? Il doit vraiment falloir avoir super peur de mourir pour ressentir ce besoin de raconter des histoires, de transmettre quelques chose comme un film. La photo soulève moins de questions je crois, c’est plus spontané, j’aime la couleur du ciel depuis ma fenêtre aujourd’hui ou je trouve que les cheveux de ma copine sont “émouvants” et hop je prend une photo en me disant “c’est sans doute pas très intéressant mais on verra après”, ce qui compte c’est mon expérience de ce ciel ou de ces cheveux. Au final ce sont les mêmes motivations qu’au début ou que n’importe quelle personne qui prend des photos.
Right at the beginning, I started shooting people and moments I loved, first because I have a really bad memory and I wanted to keep a record of everything that happened, and also, because I was under the impression that it was not going to last, I had this urge to save everything, it’s probably a massive cliche but of course there is something very nostalgic about taking photos, about collecting dead moments. Then it evolved, and these days, I still take pictures of people and moments I love, but with more fantasy to this, more staging, it’s probably closer to what shooting a film would be like. And actually last winter I was bought me a video-camera (the 5D) to make a music video, so now I’m thinking I could make a film or a documentary, but I feel like I don’t really know what story to tell, and, above all WHY? One must be really petrified of dying to feel the need to tell stories, to pass on a film. Photography raises fewer questions I think, it’s more spontaneous – I like the colour of the sky from my window today or I find my girlfriend’s hair ‘moving’ and there I go, I take a photo, thinking ‘it may not be very interesting but we’ll see later’ – what matters is my experience of this sky, of her hair. In the end, my motives are the same, these are the same motivations that I felt in the beginning, or that anyone taking photos shares.


MYTHOLOGIE PERSONNELLE - PERSONAL MYTHOLOGIES
- Peux-tu me citer 5 chansons qui décriraient ton travail photo? Could you name 5 songs that could describe your work?
Je sais pas si y’a des chansons qui “décrivent mon travail photo”, mais je peux te faire écouter 5 chansons que j’adore, c’est cohérent dans le sens où j’aime bien ce que je prend en photo.
I dont know if there are any songs that could ‘describe my work’, but I can make you listen to 5 songs I love, it makes sense in way because I love what I photograph.

- The Pastels – Nothing To Be Done
“…THE PAST IS A DISASTEEER-AAAND THE FUTURE’S COMING FASTER NOW, WHAT YOU SAY WE GO AND GET A BEEEEEER ?”
O?o

- The Flaming Lips – Do You Realize
“DO YOUU REEEAAALIIIZE …
You realize the sun doesn’t go down
It’s just an illusion cauuused by the woooorld spinning roooooouuund
Do You Realize ? OOOOoooh OOOhh ooooooooh
DO YOU REALIIIIIIZZE That everyone you know
Someday will diiiiiiiiie –”

-?-

-The Smiths – Still Ill
Faut faire abstraction de l’harmonica au début mais sinon c’est un morceau des Smiths.
You have to ignore the harmonica at the beginning, but otherwise it’s a Smiths song.
“DOOOOES THE BOOODY RUUULE THE MIIIIND
OR DOOOES THE MIIIND RUUULE THE BODYY ??
I don´t know….”

°?°

- Leonard Cohen – Death Of a Ladies Man
“So the greaat affair is over but whoever would have guessed
It would leave us all so vacant and so deeply unimpressed
It’s like our visit to the moon or to that other star
I guess you go for nothing if you really want to go that far.“

;-S

- Galaxie 500 – Tugboat
“I don’t waaaaaannaaaaaaaa stay at your party
I don’t waaaaaaaaannaaaaaa talk with your friends
I don’t waaaaaaannaaaaaa vote for your president
I just wanna be your tugboat captain.”

^?^

- Qui sont les figures emblématiques de ta mythologie personnelle? Who are the key figures of your personal mythologies?
Kippenberger, Ginsberg, Bresson (Robert, pas le photographe), Tillmans, Böcklin, Herzog, Dale Cooper, Munch, Clément Rosset, Watkins, Conrad, Artaud, Picabia, Hockney, Malick – Ford – Cimino, De Palma, Dosto, Moulène, L. Cohen, Indiana Jones, Signer, Gericault, Constable, Gainsborough, Tarkovski, Kittelsen, Thoreau, et j’arrête là parce que de toute façon ça a toujours l’air de name dropping gratuit ces trucs là. Si je devais n’en citer qu’un seul je dirais Bresson, pour ses films évidement (Pickpocket, Le Diable Probablement), mais aussi et surtout pour son discours théorique (des interviews sur youtube et Notes sur le Cinématographe), toujours des réflexions super limpides, sincères, simples et géniales. Bresson donne envie “d’aller en avant”, et de “faire des trucs” je sais pas comment expliquer. Il nous fait comprendre que c’est la parole qui nous fait penser et pas la pensée qui nous fait parler, comme prendre une photo et la développer après quoi, c’est quelque chose comme ça que j’entends par “aller en avant” tu vois? Comme faire confiance à ses intuitions pour mieux réfléchir après, il y a quelque chose de très ‘idiot’ chez Bresson je trouve, malgré l’apparente austérité de ses films.
Kippenberger, Ginsberg, Bresson (Robert, not the photographer), Tillmans, Böcklin, Herzog, Dale Cooper, Munch, Clément Rosset, Watkins, Conrad, Artaud, Picabia, Hockney, Malick – Ford – Cimino, De Palma, Dosto, Moulène, L. Cohen, Indiana Jones, Signer, Gericault, Constable, Gainsborough, Tarkovski, Kittelsen, Thoreau – and I’ll leave it there, because these lists also sound like gratuitous namedropping anyway. If I had to choose just one, I’d go for Bresson, for his films of course (PIckpocket, The Devil Probably), but also, and above all, for his theories (Youtube video interviews and his Notes on the Cinematographer) – always crystal-clear, sincere, simple and brilliant reflections.


INFLUENCES
- Tu cites le travail de Kohei Yoshiyuki en référence à une série mode shootée en infrarouge. Dans son cas la méthode s’explique à cause de la démarche de photographier sans se faire voir. Qu’est-ce qui toi t’intéressait, et plus globalement qu’est-ce qui motive tes choix techniques? You quote the work of Kohei Yoshiyuri, in reference to a fashion shoot done in infrared. In his case, the method derives from the idea of shooting without being seen. What were you interested in – and, more generally, what drives your technical choices?

L’infrarouge m’intéressait pour les mêmes raison plus ou moins, l’idée de pouvoir véritablement surprendre quelqu’un dans le noir complet, arriver à capter des regards perdus, et des expressions de gens qui avancent à tâtons mais après avoir fait quelques tests je me suis rendu compte que cette idée avait ses limites, à savoir: c’est impossible d’être dans le noir complet aux Buttes Chaumont, et ça serait sûrement ultra galère pour la styliste et les modèles. En revanche je trouvais la contrainte technique liée aux films infrarouge assez excitante, impossible de connaître le résultat, exposer correctement le film, etc. (ces pellicules réagissent à la chaleur des matières “organiques” et pas vraiment à la lumière). C’était un peu comme faire de la musique avec des ultrasons que seul des chats pourraient entendre, ou comme dans ce film de Woody Allen, Hollywood Ending. L’histoire d’un cinéaste qui devient aveugle au cours du tournage d’un film et qui essaye de cacher à tout le monde qu’il est aveugle pour continuer à faire son film parce qu’il a besoin de thunes. J’ai pensé que cette piste correspondait bien à ma façon de faire des photos ou mon idée de l’art en général, à savoir “je sais pas vraiment ce que je suis en train de faire mais on verra bien en fonction du résultat”.
I was interested in infrared for the same reasons more or less, the idea of being truly able to surprise someone in the complete darkness, of managing to capture lost glances, and the expressions of people fumbling their way around, but after a few tests I realised that this idea had its limitations, such as: it is never pitch-dark in the Buttes Chaumont park, and this would no doubt be a complete pain for the models and the stylist. However, I found the constraint from infrared films rather exciting – there’s no way you can figure out how it’ll come out, finding the right exposure etc (these films react to the heat of ‘organic’ matter, rather than light). It was almost like making music with ultrasounds which only cats could hear, or as in the Woody Allen film, Hollywood Ending. The story of a film-maker who becomes blind while shooting a film and tries to hide from everyone that he is blind in order to carry on making his film because he needs the cash. II thought this direction suited the way I make images and my ideas about art in general, ie ‘I don’t really know what I’m doing during the process, but I’ll see depending on the result’


- Tu as tendance à faire des mises en scène assez extrêmes comme installer quelqu’un sur les rails du métro, aller dans les catacombes, photographier des situations physiquement intenses, de chaos, quelqu’un confronté aux forces naturelles, un côté Herzog. Ça correspond à quoi? You tend to set up pretty extreme stagings, such as putting someone on underground tracks, going into Paris’s catacombs, shooting physically intense situations, of chaos/ someone confronted with natural forces, a bit reminiscent of Herzog. What does this correspond to?
Oui je suis complètement fan d’Herzog. Le chaos et la confrontation avec les forces naturelles je suis fasciné par ça depuis tout petit je crois j’ai commencé à faire du surf à l’âge de 11 ans. Et même avant cet âge-là, mes premières photos ça devait être des photos de l’intérieur des rouleaux (les ‘Tubes’) avec un jetable aquatique quand les vagues cassaient pas trop loin du bord. Puis par la suite j’ai découvert Les Goonies, Délivrance, Friedrich, Herzog, Joseph Conrad, etc. Du coup c’est venu assez naturellement ces “thèmes”.
Du reste ce que tu appelles “les mises en scène assez extrêmes”, type catacombes, toits d’églises ou gaz hilarant c’est surtout pour tenir le sujet occupé (par la peur ou autre chose) et lui faire oublier l’appareil photo, qu’il ne se surveille pas, ne se contrôle pas.
Dans le cadre de photos de mode vu que les possibilités sont assez limitées, j’aime bien faire comme une sorte de petit décor de théâtre tu vois, créer une situation dans laquelle je sais qu’il va se passer des trucs intéressants ; puis laisser les modèles vivre après. Je dirige assez peu les modèles finalement. Le contexte et “ce petit théâtre” le font pour moi puisqu’ils sont généralement en train de vivre quelque chose de réel. Mais il y a aussi le fait que j’essaye toujours de trouver une idée excitante ou une contrainte physique, juste parce que sinon tout le monde s’ennnuie sur un shooting de mode, ça va pas plus loin.
Yes, I’m a complete fan of Herzog. I’ve been fascinated with chaos and the confrontation with natural forces since I was a kid I think. I got into surfing when I was 11. And even before then, my first photos probably were photos from inside the breakers (the ‘Tubes’) with a waterproof disposable camera when the waves would break not too far from the shore. And then I discovered the Goonies, Deliverance, Friedrich, Herzog, Joseph Conrad etc. And as a result these ‘themes’ came along quite naturally.
Moreover, what you call ‘extreme stagings’, such as catacombs, church roofs or laughing gas is mainly about keeping the subject occupied (by fear or something else) aand make them forget about the camera and about themselves.
In the context of fashion photography, since the options are quite limited, II like to create a kind of ‘little theatre stage’, setting up a situation where I know interesting things are going to happen and then let the models be. I tend to give few directions to models, the context and this ‘little theatre’ do the work for me, since they usually experience something real. But there is also the fact that I always try to find an exciting idea or a physical constraint, just because otherwise I find fashion shoots massively boring.


L’IDIOT
- Il y a un élément absurde/bouffon qui surgit parfois dans tes photos, est-ce que tu te sens proche de gens comme Polanski dans ses premiers court-métrages et films, ou de la tradition polonaise du théâtre de l’absurde; le fait de confronter l’angoisse de la mort à la bouffonnerie? A touch of absurdity/farce occasionally appears in your pictures (as you mentioned in one of your answers); ddo you feel close to people like Polanski with his early short and feature films, or to the Polish or Czech of the theatre of the absurd – confronting the fear of death with farce?

Je connais très mal Polanski, j’irai voir ses premiers courts et films. Je ne connais pas bien le théâtre de l’absurde non plus, mais je crois qu’une de mes obsessions c’est plutôt un certain genre de vanités, celles qu’on pourrait appeler “les vanités idiotes”. Le lien entre la vanité, l’absurde, le rire et la mort. Effectivement c’est très présent dans mes photos, la série Trompe La Mort par exemple, ou même Mort De Rire, avec des visages hilares perdus sur un fond bleu, qui donne cette impression de ‘flottement’. Un truc souvent présent dans les vanités classiques en peinture d’ailleurs c’est les bulles de savon, je pense que y’a de ça dans la série Mort De Rire, l’éclat éphémère d’un rire artificiel provoqué par un gaz qui te déconnecte le cerveau pendant un dixième de seconde ou quelque chose comme ça. Une autre photo à laquelle je pense qui pourrait bien résumer le genre c’est cette photo de Damien Hirst With Dead Head, où on le voit super jeune (genre élève branleur des Beaux-Arts), hilare et tenant la tête d’un cadavre qui a l’air de se bidonner aussi. J’adore cette photo, Damien Hirst je m’en fous, mais je trouve que cette photo est vraiment hyper forte, cette image du mec qui a l’air un peu bourré de la veille et qui se confronte à la mort en se bidonnant. Le rire c’est effectivement un truc important pour moi. Après l’absurde et la vanité peuvent prendre des formes plus abstraites, par exemple la vidéo que j’ai faite pour Adam Kesher cet hiver, une espèce de conquête de l’inutile où des mecs trimballent une vitre en haut d’une dune. Donc pour répondre à la question je connais pas assez le théâtre de l’absurde, j’irai voir, mais je me sens hyper proche de cette tradition des “vanités déconneuses”, dont ce tableau de Van Gogh pourrait être l’emblème.
I don’t know much about Polanski, I will check out his early shorts and films. I don’t know much about the theatre of the absurd either, but I think that one of my obsessions is in fact a certain kind of Vanity, the genre you could call ‘les vanités idiotes’. The connection between vanity, the absurd, laughter and death. Indeed, this is very much present in my photos, the series Trompe La Mort [Cheating Death] for instance, or even Mort De Rire [Laughing yourself to death], with laughing faces lost against a blue background, giving this ‘floating’ impression. Actually, one thing which you often find in the classic Vanity paintings are soap bubbles, I think there is an element of this in Mort De Rire – the transient outburst of artificial laughter brought on by a gas which discnnects your brain for a split second or something like that. Another photo which I am thinking of and which could sum up this genre is the Damien Hirst photo, With Dead Head, where you can see him as a young dossy art student type – laughing away, crouched next to the head of a corpse who seems to be pissing himself too. I love this photo; I don’t care about his work, but I do find this photo really powerful, this image of a guy who still looks a bit drunk from the night before and faces death with a laugh. Yes, laughing is something important for me. Also, absurdity can take on more abstract forms, as in the video I shot for Adam Kesher last winter, some kind of conquest of the useless where some guys carry a piece of glass on top of a dune. So, to answer the question, I don’t know enough about the theatre of the absurd, I will check it out, but I do feel really close to this tradition of ‘mocking vanities’, of which this painting by Van Gogh could be the emblem.


- Peux-tu me proposer quelques photos qui seraient représentatives de ce que tu fais? Could you suggest a few pictures which might be representative of your work?
Je trouve que cette photo de Julien en train de faire un doigt à un camion sur un bord d’autoroute résume assez bien ce que je fais. D’une part à cause du sujet absurde et du propos, mais d’autre part parce que cette photo est à la frontière du snapshot et de la mise en scène, et c’est ce vers quoi j’essaye de me diriger. Précisément cette jointure, cette frontière entre “l’art et la vie”, ni l’un ni l’autre, juste ce point de rencontre. Tu vois cette photo de Tillmans d’un punk qui pisse sur une chaise de bureau? Je la mettrai sur cette même frontière (même si les sujets sont différents hein), entre le propos politique mis en scène et le snapshot d’un pote à toi.
I find that this picture of Julien sticking up his finger to a truck by the highway sums up what I do quite well. First because of the absurd topic, but also because this photo is on the border between snapshot and staging, and this is what I am aiming for. This very juncture, this frontier between ‘art and life’, neither one nor the other, just this crossing point. You know this photo by Tillmans, where a punk is pissing on an office chair? I would place it on the same frontier (even if they have different subject matters, clearly), between staged political discourse and just a snapshot of a mate.

MIRAGE
– Qu’est-ce que tu écoutes en ce moment?
What are you listening to these days?
Du drone, avec la canicule c’est parfait, ça va aussi lentement que mon cerveau dans la ligne 13 une aprèm où il fait 40°. Si c’est le nom d’un morceau que tu voulais t’as qu’à mettre The Dawns – Mirage (sur Bathetic Records).
Drone – it’s perfect with the heatwave, just as slow as my brain on the metro line 13 on a scorching day. If you wanted one particular title, try The Dawns – Mirage (Bathetic Records).

- Interview Géraldine Ancri, photos 1: Bianca O’ Brien, autres photos: Maciek Pozoga, traduction Constance Bantman

Leave a Response

Newsletter

Facebook

Current Issue