Festival de Cannes 2010: jour#4

mai 15th, 2010  |  Published in CINEMA/FILM


Bonne Soirée

« Ne pleure pas, je te comprends, sèche tes larmes. J’ai bien vu comment elle t’a traitée, c’est dégueulasse. »
C’est une habilleuse qui s’adresse à une maquilleuse dans le Majestic. Une star vient de l’insulter, ça ne s’est pas passé très bien apparemment.
Ambiance jungle, le festival est bien lancé désormais. On entre dans le cœur. Beaucoup de fêtes.

Et les films ?

Chatroom d’Hideo Nakata est à fortement déconseiller. Présenté dans la sélection Un Certain Regard en compagnie des maîtres Godard et De Oliveira, on se demande bien ce qu’il fait là.
Un jeune homme crée une chatroom et se fait quatre amis qu’il veut pousser vers la folie ou le suicide. C’est laid, anti moderne au possible. Un journaliste à côté de moi peste en début de séance parce que les spectateurs (en fait les amis de l’équipe du film) éructent de joie dès les premières images. Mais il s’endort au bout de quelques minutes, se réveille par à-coups et à la fin du film, sur le générique de fin, il applaudit à tout rompre. Passons.

Woody Allen refuse donc la compétition officielle. You Will Meet A Tall Dark Stranger, qui sortira en fin d’année, est pourtant bien à la hauteur. Plusieurs histoires d’amour se font et se défont, c’est classique et charmant. Il y a là un écrivain usurpateur, des galeristes, des personnes âgées (épatant Anthony Hopkins). Naomi Watts est éblouissante et quand je la vois c’est toujours une résurrection de son rôle dans le meilleur film des années 2000, le Mullholland Drive de David Lynch.

Le québécois Xavier Dolan a tout juste la vingtaine. Les Amours Imaginaires (joli titre) conviendraient à un public jeune en effet. Ce trio amoureux sur fond d’homosexualité, une fille, deux garçons, est naïf. Le réalisateur-acteur abuse des ralentis comme s’il aimait cette difficulté lourde des sentiments. Il prend visiblement plaisir à filmer un jeune homme aux boucles blondes. Mais le film est plutôt intéressant pour les phrases de personnages qui parlent et témoignent de la douleur d’aimer dans des apartés sans rapport avec l’intrigue. Une fille évoque ainsi avec humour l’attente d’un hypothétique email de la personne qu’elle adore. Et convient elle-même du ridicule de l’affaire. Mais il faut sans doute aimer la tristesse pour être convaincu par ce film de la sélection Un Certain Regard.

- Arnaud Jamin

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