Performance
avril 17th, 2010 | Published in CINEMA/FILMVice et Versa
Le long métrage Performance tourné en 1968 par Donald Cammell et Nicolas Roeg, ressort en salles à partir du 21 avril. L’occasion de (re)découvrir les débuts de Mick Jagger au cinéma, et de réécouter le fameux titre Memo From Turner, sublime et ascétique pièce d’anthologie jaggerienne.
Deux réalisateurs eux-mêmes débutants, l’un peintre et écrivain, l’autre jeune chef opérateur.
Un film en forme de mirage qui oppose un gangster brutal et une rock star retirée, vivant en ménage à trois.
Pas de véritable fiction donc pour Mick Jagger, en face de lui James Fox acteur anglais classique très en vue à l’époque, entre eux Anita Pallenberg et la délicieuse Michèle Breton.
Autre point fort du film la musique bien sûr, on voit d’ailleurs Mick Jagger utiliser lors d’une scène d’anthologie l’un des premiers claviers Moog.
La bande-son du film est dirigée par Jack Nitszche qui employa deux brillants guitaristes Ry Cooder et Lowell George.
Ce qui pouvait choquer alors laisse assez indifférent, reste la musique, le travail d’image, et le goût amer de ce jeu de miroirs sans fin. Palette insensée de références littéraires, mise en abyme désillusionnée, Performance laisse rêveur.
Car ce qui, à l’époque, choqua assez la Warner pour qu’elle attende deux ans avant de sortir le film, est devenu aujourd’hui est un argument marketing. On indique obligeamment aux journalistes en mal d’anecdotes le mode de vie agité des aspirantes rock stars, les biographies fournies, les chroniques de disques sont remplies de détails et d’allusions, sex and drugs and rock’n'roll est le dernier filet où attirer le consommateur en mal de sensations fortes.
