The Ghost Writer
février 25th, 2010 | Published in CINEMA/FILM
The Ghost Writer
de Roman Polanski, sortie le 3 mars
Polanski version cinéma. Le réalisateur, toujours en proie à l’affaire de moeurs kafkaïenne et insensée que l’on connaît, signe avec The Ghost Writer un thriller sur fond politique.
Dans ce film, un nègre littéraire tente d’écrire la deuxième version des mémoires d’un ancien premier ministre britannique. C’est que le premier rédacteur des mémoires est mort mystérieusement.
L’intrigue tient dans le dévoilement de la vérité des agissements de ce personnage public, engagé dans la guerre contre le terrorisme.
Présenté au dernier festival de Berlin, il a valu à Polanski l’Ours d’argent, celui du meilleur réalisateur.
Comme on peut s’y attendre de la part du réalisateur du Pianiste, il s’agit d’un film classique. Toutes les cordes du genre sont utilisées. Les acteurs sont posés dans un cadre et comme entièrement manipulés.
Pierce Brosnan le vieux beau en costard et en jogging, Mc Gregor en éternel jeune premier qui mène l’enquête. Il faudrait vraiment que quelqu’un prenne une demi-heure pour m’expliquer l’engouement pour cet acteur que je trouve des plus ternes. Oui, même dans le film de ma génération, Trainspotting, je bâillais dès qu’il apparaissait à l’écran.
Longs plans sur la belle et moderne demeure en bord de mer où sont reclus les deux hommes accompagnés de la femme du premier ministre Olivia Williams qui va s’octroyer une bien triste aventure extra-conjugale et de la secrétaire Kim Cattrall qui tient le meilleur rôle du film, froide et belle. Mais c’est un second rôle.
La musique signée Alexandre Desplat s’étire sur le long du film en signifiant bien les moments forts du scénario, comme si cela était nécessaire.
Film classique donc, qui trouvera certainement son public.
Mais je n’en fais pas partie. On s’ennuie ferme à voir de loin où veut nous mener Polanski, vers une métaphore, grosse comme une évidence, de l’impossibilité de mettre à jour la vérité politique. On y entre avec l’envie d’être enveloppé dans une histoire, comme quand on découvrait des thrillers inconnus qu’on nous présentait comme des chefs-d’oeuvres au milieu des années quatre vingt au moment où fleurissaient les vidéoclubs. Regardez l’affiche du film, on y croit vraiment. On en sort déçu par un final idiot à souhait, avidement prêt à aller vite voir d’autres films.
- Arnaud Jamin