The Limits Of Control
janvier 6th, 2010 | Published in CINEMA
The Limits Of Control
Un film de Jim Jarmusch, sorti le 2 Décembre 2009
“Perplexe”. C’est le mot entendu à la fin de la projection du dernier film de Jim Jarmusch, The Limits Of Control. C’est peu dire.
L’histoire tient en deux lignes : on suit un homme mystérieux chargé d’une mystérieuse mission. Isaach de Bankolé y campe un truand impassible qui échange pendant deux heures des boîtes d’allumettes avec une ribambelle d’allumés férus de philosophie. Et nous voilà en train d’attendre avec lui (la deuxième tasse est-elle pour nous ?) que le prochain candidat au concours de déguisements apparaisse et déclame sa tirade. Entre temps, il visite un musée (un tableau à la fois), passe ses nuits avec une exhibitionniste un peu nympho (Paz de la Huerta) et s’exerce au tai-chi.
Dans un sens, Jim Jarmusch ne change pas trop ses habitudes. Il filme une métaphore de voyage intérieur agrémentée de leçons de sagesse toujours utiles. Mais cette fois-ci, on n’accroche pas. En fait de voyage, ce sont les mêmes situations qui sont répétées tout au long du film. Si les personnages ont tous l’air de savoir exactement ce qu’ils font, les scènes répétées restent inintelligibles pour le spectateur et par conséquent deviennent rapidement lassantes.
D’une certaine manière, Jim Jarmusch a voulu montrer que l’art et la réalité pouvaient être perçus de manière équivalente. Les tableaux admirés par le personnage d’Isaach de Bankolé trouvent un écho dans son parcours. Certains dialogues, comme celui avec le personnage de Tilda Swinton, abattent toute barrière entre art et réalité sans qu’il en ressorte une impression de vertige (à l’inverse du film de Charlie Kaufmann, Synecdoche, New York). Mais dans le film, la démonstration y est longue, répétitive, le spectateur n ‘est pas vraiment invité à y participer et l’ennui pointe rapidement.
Comme toujours, Jarmusch a su laisser une place de choix à la musique. Les morceaux de Boris, Sun 0))) ou encore The Black Angels, apportent une dimension hypnotique aux images qu’ils habillent. C’est par moment ce qu’on a l’impression d’être venu voir, un long clip hallucinant de musiques psychédéliques. Malheureusement, l’absence de sens est parfois synonyme d’absence de fond.
- Marie Eva Marcouyeux
