Mother
janvier 19th, 2010 | Published in CINEMA/FILM
Mother
De Bong Joon-Ho, thriller, sortie le 27 janvier
Mother, un titre générique qui annonce la couleur : il va s’agir de la grande affaire de la Mère.
Le thriller du coréen Bong Joon-Ho est un voyage dans l’esprit d’une maman dont le fils est accusé de meurtre.
Ce garçon de 28 ans, attardé et naïf, a peut être tué une jeune fille. Il en est en tous cas accusé. Nous aurons la réponse en fin de film. Les circonstances du meurtre sont particulièrement atroces.
Si on n’est pas dans le genre horreur, l’ambiance est pesante. Nous voici embarqués dans l’enquête personnelle, intime de cette mère qui ne croit pas et tient fermement à ne pas croire que son fils puisse être l’auteur d’un crime. Comme la police clôt l’affaire bien vite, prétexte à une ironie et un humour cinglant du réalisateur, il va s’agir de démontrer l’innocence de sa progéniture et de résoudre elle-même l’énigme. Jusqu’où cela peut-il aller ? Très loin.
Kim Hye-Ja, qui interprète cette mère, fait peur. La véracité de ses attitudes, des ses cris, est étonnante. Visage et yeux, filmés en gros plans, donnent la teneur de sa folie douce.
Comme le film faisait partie de la sélection « Un certain regard » au dernier festival de Cannes, on aurait bien donné à l’actrice un petit quelque chose, son rôle répondant dans sa violence à celui de Charlotte Gainsbourg dans l’Antichrist de Lars Von Trier.
Le réalisateur alterne vides et pleins, souvenirs du tueur présumé, action et décisions tous azimuts de sa mère. Il avance vers la résolution et la vérité en surprenant par de fausses pistes très originales.
Il filme ce moment où l’instinct déborde vers la violence sourde et calculée.
On comprend qu’il ait la côte ces temps-ci. Son précédent film The Host qui contait l’irruption d’un monstre-marin dans une ville, avait déjà une grande ampleur.
Mother montre bien qu’une mère peut couvrir chaque crime réel ou imaginaire perpétré par sa progéniture.
Mais on s’arrête là, déçu que ce cinéma n’ait pas plus d’impact.
Que sa forme, réussie, ne soutienne pas le fond d’un sujet complexe et attrayant.
Ce qui manque vraiment, on ne peut s’empêcher de le ressentir, c’est un parti pris.
Une condamnation ou une fascination que l’on ne trouve pas dans cette histoire, qui sans aller jusqu’à la morale, rectifierait le tir de ce qui a tout l’air d’une hystérie sans bornes et sans fond.
Arnaud Jamin