Charlotte Gainsbourg : IRM

décembre 13th, 2009  |  Published in MUSIQUE/MUSIC  |  1 Comment

Charlotte Gainsbourg : IRM

(Because, paru le 7 décembre)

Le nouvel album de Charlotte Gainsbourg, IRM, a fait l’objet d’une promotion impeccable : photos léchées, séries modes, interviews et chroniques révérencieuses, couvertures de magazines ont plu sur nos kiosques. Mais enfin, après avoir été agréablement surpris par le clip doux dingue de Heaven Can Wait, il fallait bien laisser de côté ce beau marketing et écouter cet album. Sous le portrait de papier glacé composé par Nick Knight, on déballe un autre bel emballage façonné par le malin Beck.
Et bon sang ce type est un sacré faiseur. Trousser des chansonnettes façon Beatles, ça le connaît. Chaque titre est l’occasion pour lui de montrer l’étendue de son talent de producteur. On ne passera pas en revue le sommaire qu’il déroule sur ce disque, mais tout y passe ou presque : les bidouillages électro, les ambiances subtiles, les cordes émouvantes, les ballades fringantes, le rock fantômatique ou sexy… Ah c’est sûrement joli. C’est joli mais c’est vide. On cherche Charlotte, on ne la trouve pas.
Visiblement deux éléments fondamentaux sont passés à la trappe dans la composition de ce disque : l’élément humain, c’est frappant. Tout y est susurré avec bon goût, tout sonne parfaitement, rien n’accroche.
Planquée derrière son producteur magnétique, la belle oublie qu’elle a peut-être quelque chose à dire et se contente d’exécuter de bonne grâce l’exercice de style.
L’écriture. Avec un producteur comme Beck, l’oubli reste voilé, les chansons se pavanent sous une robe rutilante. Mais ces titres ne sont que gimmicks (élastiques a-t-on envie de fredonner). En dehors du fait que voilà un disque parfaitement inutile, on se demande ce qui peut pousser l’interprète et le producteur à fournir si peu d’efforts et à considérer l’écriture de chansons comme accessoire.
Le résultat est d’un ennui considérable, aussi ne poussera-t-on pas plus loin la chronique, vous épargnant de ce fait le paragraphe sur la filiation et le génie paternel.

ENGLISH VERSION
Charlotte Gainsbourg’s latest album, IRM, has been impeccably hyped, with an onslaught of slick photos, fashion shoots, reverential pieces and interviews, and magazine covers. But in the end, after the pleasant suprise of Heaven Can Wait’s wacky video, it was time to leave aside this great marketing operation and listen to the album. Under Nick Knight’s glossy portrait comes another beautiful wrapping designed by the clever Beck.
And boy this guy does know what he’s doing. Writing Beatles-style ditties is his thing. The breadth of his producing talent is showcased in every song. The range he displays on this album will not be inventoried here, but he has a go at pretty much everything: electro knick-knacks, subtle atmospheres, moving chords, prim ballads, sexy or fantomatic rock… It’s pretty, for sure. It’s pretty but it’s empty. You look for Charlotte, but she is nowhere to be heard.
Two basic elements have apparently been ignored whilst composing this record : the human element, quite strikingly. Everything is tastefully whispered, everything sounds beautiful, it is all very smooth. Hiding behind her magnetic producer, the beautiful Charlotte forgets that she may have something to say and just graciously executes this rather vacuous formal exercice.
As for the writing. With a producer like Beck, this omission remains veiled, the songs parade in dazzling dresses. But all these tracks are only gimmicks (elastic ones, if we may). Besides the fact that this is a completely pointless album, one wonders what has led the interpret and the producer to put in such little effort and to regard songwriting as accessory.
The result is really quite boring, so we shan’t take this review any further, thus sparing you the obligatory paragraph of filiation and her father’s genius.

- Geraldine Ancri, traduction Constance Bantman

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Responses

  1. Valou says:

    janvier 14th, 2010at 20:40(#)

    Pas du tout d’accord, plus j’écoute et plus j’adore. Ce n’est pas parce l’album a un côté expérimental qu’il est vide. Et losqu’on écoute Charlotte sur le DVD, elle insiste bien sur le fait qu’elle avait son mot à dire lors de la création des morceaux…

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